| Nous
avons joué cette pièce : |
à Marly-le-Roi
(Yvelines), au Centre Culturel Jean Vilar,, dans le cadre des
rencontres théâtrales de Marly,
le 14 mars 2000 |
au Vésinet
(Yvelines), au lycée Bon Sauveur,
le 23 mai 2000,
le 28 novembre 2000 |
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à Cachan,
Ecole Normale Supérieure,
dans le cadre du Scénif 2000
le 8 juin 2000
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à Triel-sur-Seine
(Yvelines), Théâtre Octave Mirbeau,
le 17 juin 2000,
le 18 juin 2000. |
à Antony
(Essonne), Cité Universitaire, dans le cadre des sélections
du concours du Marsque d'Argent.
le 9 mars 2001 |
à Courbevoie
(Hauts-de-Seine), au Centre Culturel, dans le cadre du Concours du
Masque d'Argent.
le 28 avril 2001 |
à
Maisons-Laffitte(Yvelines), ancienne église, dans le cadre
du festival d'Ile-de-France de Maisons-Laffitte.
le 27 mai 2001 |
à Tours
(Indre-et-Loire), salle de La Riche,
le 30 octobre 2001 |
à
Marly-le-Roi (Yvelines)
Auditorium AXA
au profit de l'association "Les gamins de Roumanie"
le 19 octobre 2002 |
à
Poissy (Yvelines)
Salle Blanche de Castille
dans le cadre des rencontres théâtrales : Pleins feux
sur le théâtre amateur en Yvelines
le 7 décembre 2002 |
à
Cholet (Maine-et-Loire)
Théâtre Municipal
dans le cadre des sélections du Festival Francophone des Arlequins
le 19 avril 2003 |
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à
Cholet (Maine-et-Loire)
Théâtre Municipal
dans le cadre de la finale du Festival Francophone des Arlequins
le 24 avril 2003
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La Création de la Cantatrice Chauve
PRINTEMPS 1950.
Dans la petite salle
des Noctambules, rue Champollion, Nicolas Bataille fait répéter
la pièce d'un inconnu dont le nom sonne drôlement: Ionesco.
Eugène Ionesco. Fatigue? Canular?
On ne le saura sans doute jamais. Toujours est-il qu'un jour, à
la répétition, au lieu de lancer correctement sa réplique
"... qui avait pris pour femme une institutrice blonde".. un
comédien s'écrie : ... qui avait pris pour femme une cantatrice
chauve. " Lapsus miraculeux, d'où naîtra le titre d'une
pièce - une antipièce annonçait l'auteur - qui devait
d'abord s'appeler L 'Anglais sans peine... Et qui dépasse aujourd'hui,
allègrement, son demi siècle. Pourtant, l'aventure commence
mal. Pas d'argent. On joue sans décor, dans des rideaux. Claude
Autant-Lara, par amitié pour Nicolas Bataille,
a prêté les costumes de son film Occupe-toi d'Amélie.
Comme le rapporte Jean-Paul Aron, dans son ouvrage Les Modernes (Gallimard
1984), chacun fait de son mieux: « Pour tenter de meubler la minuscule
salle des Noctambules, Bataille et ses camarades, chaque après-midi,
boulevard Saint-Michel, promènent sur leur dos l'affiche du spectacle
» Une petite troupe de jeunes inconnus, transformés en ommes-sandwichs
! Paulette Frantz, qui joue Mme Smith, Claude Mansard (M. Smith), Odette
Barrois (la bonne), Simone Mozet (Mme Martin), Nicolas Bataille (M. Martin),
Henri-Jacques Huet (le capitaine des pompiers) Il n'empêche.
Côté spectateurs, c'est le vide.
Ou pire, les huées.
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LA
CANTATRICE CHAUVE
d'Eugène Ionesco
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| La
pièce |
Si
l'on en croit l'auteur, la Cantatrice Chauve a pour origine son apprentissage
de l'anglais par la méthode Assimil. Il y découvre un langage décousu
qui "fonctionne à vide" dans un échange gratuit et conventionnel de
propos anodins. C'est le point de départ d'une accusation de l'insignifiance
et du superficiel des rapports humains.
M. et Mme Smith reçoivent M. et Mme Martin au cours d'une très ordinaire
soirée petite-bourgeoise dans les environs de Londres, légèrement
troublée par l'agressivité de la bonne, les deux couples échangent
des propos d'une banalité affligeante scandés par les coups de la
pendule devenue folle. A trois reprises, on sonne à la porte sans
que personne ne se présente. La quatrième fois, le capitaine des pompiers
vient les rejoindre. Tous se lancent alors dans le récit d'anecdotes
parfaitement insignifiantes jusqu'à ce que la bonne vienne y mettre
son grain de sel. Cette conversation sans queue ni tête passe par
des phases d'agressivité latente pour s'achever dans les onomatopées
et le non-sens. |
| La
distribution |
Sylvia
BRUNET
interprète le rôle de Mme Smith. Elle a un œil marron,
et l'autre marron. Elle a créé les costumes de cette pièce.
C'est parce qu'elle n'est pas anglaise, et a une petite
fille qui se nomme Fanny. |
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| Hervé
BARBARESI habite
au numéro 19. Il a imaginé et réalisé les décors. C'est
pour cela qu'il interprète le rôle de M.Martin, qui par
contre se trouve être l'époux de Mme Martin. |
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Patrick
REGNIER
est M.Smith. Il est aussi médecin, alors qu'il aurait
pu être commandant d'un vaisseau, tout comme Bobby Watson
qui, comme lui, est commis voyageur. |
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Laurence
DREVILLON
ferme son parapluie et interprète Mme Martin, tout en
fermant son parapluie. |
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Pascal
BOUCHER
joue au pompier. Il joue aussi au théâtre. Et comme il
est pompier au théâtre, il ne pouvait pas être la bonne
non plus. Il est généticien. Il ne pouvait pas être une
pendule, puisqu'il doit éteindre un feu de paille. |
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Anne-Sophie
NEDELEC
tout en étant bonne, écrit beaucoup, comme les polycandres,
qui brillent dans les bois. Cependant, elle écrit des
pièces de théâtre. Elle fait aussi du théâtre. Et le journal.
Un jour, alors qu'elle disait un poème dans la cuisine,
le poème prit feu. |
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Laurent
CAUTRU
n'étant ni pompier, ni bonne, ni
anglais, assure la mise en scène. |
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| Philippe
VANDAELE est
à la sonorisation ce que
Loïc DIQUERO
est à la lumière . |
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«
Le dialogue des Martin était simplement un jeu. Je
l'avais inventé avec ma femme, un jour, dans le métro.
Nous étions séparés par la foule, elle
était montée par une porte et moi par une
autre et au bout de deux ou trois stations, les passagers
commençant à descendre et le wagon à
se vider, ma femme, qui a beaucoup d'humour, est venue vers
moi et m'a dit: "Monsieur, il me semble que je vous
ai rencontré quelque part"... J'ai accepté
le jeu et nous avons ainsi presque inventé la scène».
Extrait de lonesco, par Simone Benmussa,
collection .Théâtre de tous les temps»,
Éditions Seghers.
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«
On m'a souvent prié de dire quel était mon but, quelles
étaient mes intentions quand j'écrivais telle ou telle
pièce. Lorsqu'on m'a demandé de m'expliquer sur La
Cantatrice chauve par exemple, ma première pièce,
j'ai dit qu'elle était une parodie du théâtre
de boulevard, une parodie du théâtre tout court, une
critique des clichés de langage et du comportement automatique
des gens ; j'ai dit aussi qu'elle était l'expression d'un
sentiment de l'insolite dans le quotidien, un insolite qui se révèle
à l'intérieur même de la banalité la
plus usée; on a dit que c'était une critique de la
petite bourgeoisie, voire plus précisément de la bourgeoisie
anglaise que d'ailleurs je ne connaissais nullement ; on a dit que
c'était une tentative de désarticulation du langage
ou de destruction du théâtre ; on a dit aussi que c'était
du théâtre abstrait, puisqu'il n'y a pas d'action dans
cette pièce; on a dit que c'était du comique pur,
ou la pièce d'un nouveau Labiche utilisant toutes les recettes
du comique le plus traditionnel ; on a appelé cela de l'avant-garde,
bien que personne ne soit d'accord sur la définition du mot
"avant-garde", on a dit que c'était du théâtre
à l'état pur, bien que personne non plus ne cache
exactement ce que c'est que le théâtre à l'état
pur.
Si je dis moi-même que ce n'était qu'un jeu tout à
fait gratuit, je n'infirme ni ne confirme les définitions
ou explications précédentes, car même le jeu
gratuit, peut-être surtout le jeu gratuit, est chargé
de toutes sortes de significations qui ressortent du jeu même.
En réalité, en écrivant cette pièce,
puis en écrivant celles qui ont suivi, je n'avais pas une
"intention" au départ, mafia une pluralité
d'intentions mi-conscientes mi-inconscientes. En effet, pour moi,
c'est dans et grâce à la création artistique
que l'intention ou les intentions se précisent. La construction
n'est que le surgissement de l'édifice intérieur se
laissant ainsi découvrir...
La
Cantatrice chauve aussi bien que La Leçon: entre autres,
tentatives d'un fonctionnement à vide du mécanisme
du théâtre. Essai d'un texte abstrait ou non figuratif...
Pousser le burlesque à son extrême limite. Là,
un léger coup de pouce, un glissement imperceptible et l'on
se retrouve dans le tragique. C'est un tour de prestidigitation.
Le passage du burlesque au tragique doit se faire sans que le public
s'en aperçoive. Les acteurs non plus peut-être, ou
à peine. Changement d'éclairage.
C'est
ce que j'ai essayé dans La Leçon.
Sur
un texte burlesque, un jeu dramatique. Sur un texte dramatique,
un jeu burlesque.»
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Les Baladins
posent avec Eugène IONESCO. Biennale théâtrale
de Vichy, 1976
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Côté
critiques ... Extraits:
«ll s'agit d'une antipièce. On voit d'ici ce que cette
définition peut avoir de provocant, on voit moins ce qu'elle
veut dire. En y allant, on comprend : c'est la seule expression juste
que M. Ionesco ait découverte»
(J.-B Jeener, Le Figaro).
« II y a d'autres langues, qui ne sont pas étrangères,
et que je ne comprends pas mieux pour autant. C'est ainsi que la Compagnie
Nicolas Bataille joue quelque chose qui s'appelle une antipièce
»
(Thierry Maulnier, Le Rouge et le Noir).
Heureusement, Renée Saurel dans Combat, Jean Pouillon dans
Les Temps Modernes et, plus tard, Jacques Lemarchand dans Le Figaro
Littéraire, soulignent la nouveauté et l'importance
de
cette création: «Le théâtre d'Eugène
Ionesco est assurément le plus étrange et le plus spontané
que nous ait révélé notre après-guerre».
Bref, une sorte de bataille d'Hernani, version années cinquante.
Avec, au premier rang des défenseurs: Jean Paulhan, André
Breton,
Armand Salacrou,Raymond Queneau, Jacques Audiberti, Albert Camus.
Si Ionesco a la critique contre lui, le monde des lettres est de son
côté.
Créée le 11 mai 1950, la pièce achève
sa courte carrière le mois suivant, au bout de vingt-cinq représentations.
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